L’or en 2023 reste-t-il un choix judicieux pour investir ?

En 2023, l’incertitude économique s’accroche, portée par des tensions géopolitiques persistantes et des marchés financiers qui ne tiennent pas en place. Face à ce climat instable, les investisseurs cherchent à préserver leur capital et à limiter l’érosion de leur pouvoir d’achat. L’or, valeur refuge par excellence, reste au cœur des débats.

Sur les marchés, la ruée vers le métal jaune bat son plein. Les banques centrales, véritables poids lourds du secteur, détiennent désormais près de 20 % des réserves mondiales : un seuil jamais vu, symbole d’un réflexe défensif face à des monnaies fragilisées par les chocs géopolitiques. Les grandes institutions monétaires, comme la Banque centrale européenne ou la Réserve fédérale américaine, continuent de manier la politique monétaire avec précaution, un facteur qui pèse à chaque instant sur le cours de l’or.

Les particuliers et les fonds, eux aussi, n’hésitent pas à se placer sur le marché. Chacun cherche une protection contre l’inflation, à l’abri des soubresauts. Résultat : le prix de l’once joue autour de 2 915 dollars et certains analystes entrevoient une éventuelle poussée vers 2 942 dollars en 2025. Ce regain d’intérêt rappelle que, même en dehors des phases de crise aiguë, l’or conserve son pouvoir d’attraction.

L’écho international ne faiblit pas. Dans le débat mondial, les pays des BRICS réfléchissent à un usage renforcé de l’or comme garantie pour leurs échanges, tandis que le Zimbabwe associe désormais sa monnaie numérique au précieux métal. Ces mouvements signalent l’entrée de l’or au centre de nouvelles stratégies économiques nationales : il n’est plus réservé à la fonction de bouclier.

Pour donner un aperçu des tendances marquantes de ces derniers mois, voici ce que résument les chiffres :

  • Banques centrales : 20 % des réserves mondiales
  • Prix actuel : 2 915 dollars l’once
  • Niveau possible en 2025 : 2 942 dollars l’once

Au vu de la place centrale de l’or dans les portefeuilles d’investissement et dans les politiques économiques, ces données méritent réflexion avant d’engager tout mouvement de capitaux.

Les atouts et les faiblesses de l’investissement dans l’or

Choisir l’or, c’est viser la résilience en période d’instabilité. Sa première fonction résonne comme une évidence : servir de valeur refuge dès que les repères vacillent. Cette réputation attire encore aujourd’hui des épargnants et des investisseurs désireux de mettre leur patrimoine à l’abri et de diversifier leurs avoirs.

Mais, dans la réalité, tout est loin d’être aussi simple. Le revers de la médaille ? Sa volatilité, parfois spectaculaire. L’or amortit l’impact de l’inflation, mais la barrière qu’il érige n’est que partielle : jamais il ne l’efface complètement. D’autre part, il ne génère aucun revenu régulier , rien de comparable à des actions versant des dividendes ou à des obligations offrant des intérêts.

Les frais ne se font pas oublier non plus. Stockage, assurance ou gestion finissent par peser, sans compter la nécessité d’évaluer la sécurité du lieu de conservation. Pour cette raison, le conseil majoritaire reste d’en limiter la part à 10 % du patrimoine : au-delà, gare au déséquilibre du portefeuille, sans gain assuré.

Cet actif, pourtant au sommet de la hiérarchie financière, ne séduit pas tout le monde. Warren Buffett, référence incontestée du monde de l’investissement, reste sceptique. Dans sa vision, l’or ne crée aucune richesse et il préfère soutenir les entreprises créant des flux financiers. Un avis qui pousse à se demander ce qu’on attend vraiment de ses placements à long terme.

Pour concrétiser les caractéristiques principales de l’or en portefeuille, arrêtons-nous sur les points essentiels :

  • Valeur refuge : réelle
  • Volatilité : élevée
  • Protection face à l’inflation : atténuée mais non totale
  • Revenus : absents
  • Coûts : stockage et gestion à bien anticiper
  • Part recommandée : 10 % du patrimoine maximum

Investir dans l’or : panorama des méthodes et stratégies

Beaucoup privilégient l’or physique : pièces ou lingots sont accessibles via des bijouteries spécialisées ou des courtiers bien établis. Cette approche concrète rassure, mais impose la sécurité : il faut prévoir un coffre-fort chez soi ou à la banque, et souscrire une assurance habitation adaptée pour couvrir tout risque de perte ou de vol.

Autre option, moins contraignante : miser sur les trackers ou ETF. Ces produits financiers répliquent la performance de l’or sans manipulation physique. Simples à acquérir via une plateforme de courtage, ils éliminent l’enjeu logistique du stockage, mais ne conviennent pas à ceux qui souhaitent « voir » leur or.

Répartition de l’or dans les portefeuilles : deux stratégies concrètes

Deux exemples illustrent la place de l’or chez les grands noms de la gestion d’actifs. Ray Dalio, avec le célèbre portefeuille « All Weather », attribue environ 15 % aux métaux précieux, tandis que Harry Browne, concepteur du Permanent Portfolio, va jusqu’à 25 % pour atteindre l’équilibre recherché dans toutes les phases de marché.

Stratégie Pourcentage d’or
Portefeuille « All Weather » 15 %
Permanent Portfolio 25 %

Un passage obligé : la fiscalité

L’or bénéficie d’un traitement fiscal singulier en France : pas de TVA à l’achat. Deux options se présentent lors de la cession : soit une taxe forfaitaire de 11,5 %, soit l’application du régime général des plus-values. À rappeler cependant : la pureté du métal doit dépasser 995 millièmes pour profiter des dispositifs en vigueur.

or investissement

Faut-il miser sur l’or en 2023 ?

Tendances : regards sur l’année

Les grandes banques centrales, détenant près d’un cinquième des réserves, placent l’or au cœur de leur stratégie de protection. Banque centrale européenne, Fed : leurs décisions influencent les prix, tout comme l’appétit grandissant des particuliers et des fonds, ce qui pousse l’once vers des niveaux rarement observés. Certains prédisent un maintien autour de 2 942 dollars en 2025, ce qui renforcerait la tendance haussière.

Pays émergents, membres des BRICS… Les stratégies évoluent : l’or retrouve une place d’outil de souveraineté pour les nations qui veulent peser sur la scène internationale. Le Zimbabwe, de son côté, injecte le métal dans sa monnaie numérique. Ce mouvement global mêle innovation et tradition autour du lingot.

Points forts et points faibles, au fil des mois

L’or, par sa nature, continue d’assurer une diversification précieuse lorsque la tempête menace. Mais il reste sensible à la volatilité, n’offre aucun rendement automatique et impose des frais de détention qu’il ne faut pas négliger.

  • Couverture partielle face à l’inflation
  • Part maximale conseillée : 10 % du patrimoine
  • L’absence de revenus, pointé par Warren Buffett

Retour sur soixante ans de flambée

En 1971, le découplage du dollar et de l’or a marqué un tournant : fini l’ancrage des monnaies, place à la liberté mais aussi à l’incertitude. En près de cinq décennies, le cours est passé de 35 $ à un palier proche de 2 800 $ pour 2025, soit une multiplication par 80. Les accords de Bretton Woods, bâtis à la sortie de la guerre, reposaient sur cet étalon ; la page s’est tournée sous Nixon, déclenchant la volatilité que l’on connaît.

Dans les coffres-forts des banques centrales, chez les particuliers ou dans les grandes manœuvres monétaires, l’or continue d’imprimer sa marque sur l’histoire économique contemporaine. Faut-il sauter le pas ? La décision reste propre à chaque investisseur. Une seule certitude : sur la scène mondiale, le métal jaune continue d’écrire sa propre partition.

Ne ratez rien de l'actu